Bottier / bottière

Niveau d'accès :
Statut(s) :
artisan, salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
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Centre(s) d'intérêt(s) :
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Grâce à son esprit créatif, à ses compétences techniques et à son habileté, le bottier confectionne à la main des chaussures et des bottes sur mesure. Objectif : obtenir des chaussures confortables répondant aux envies ou aux besoins des clients.

L’artisan bottier fabrique des chaussures à la main et sur mesure. Après avoir défini les attentes du client, il prend ses mesures, réalise la forme en bois de son pied puis le patron, et découpe les pièces de cuir nécessaires à la réalisation de la chaussure. Il assemble ensuite ces pièces entre elles pour former la tige, qu’il coud à la semelle. Souvent spécialisé dans l’une ou plusieurs de ces étapes, le bottier est un artiste avant tout, créatif et manuel. Ce métier du luxe se fait rare.

Le métier

Nature du travail

Créer des chaussures uniques

L’artisan bottier définit avec le client un modèle de chaussures. Il choisit le style, la forme, la couleur, la hauteur du talon, les accessoires… en vue de créer une paire de souliers unique, réalisée sur mesure et durable. Il peut fabriquer une chaussure de A à Z mais, en général, il est spécialisé dans une ou plusieurs étapes et est alors appelé patronnier-coupeur, monteur ou encore  » bichonneur « .

Réaliser une forme et un patron

La première étape est la réalisation de la forme, c’est-à-dire la reproduction du pied du client en bois, après en avoir pris les mesures. Le bottier dessine ensuite sur le papier tous les éléments du modèle choisi par le client et prépare le patron. Puis il sélectionne le cuir dans lequel sera fabriquée la chaussure et découpe les pièces en suivant le patron.

Assembler, monter et  » bichonner  »

Le bottier assemble ensuite les différentes pièces et procède au piquage. Il galbe et moule la tige obtenue sur la forme en bois, puis la coud à la semelle sur laquelle il appose le talon. Enfin, il retire la forme. Il existe plusieurs types de montage : le cousu Norvégien, le cousu Goodyear, le soudé… Dernière étape avant la livraison au client : le  » bichonnage  » qui consiste à effectuer les opérations de finition sur la chaussure, comme la teinte du cuir, la patine… par exemple.

Compétences requises

Un artiste avant tout

Le bottier est souvent un artiste, du moins un passionné qui adore travailler le cuir. La fabrication d’une chaussure requiert une grande dextérité, un esprit créatif et novateur. De plus, le bottier doit entretenir de bonnes relations avec sa clientèle, à qui il vend un peu de rêve.

Entre force et délicatesse

Le cuir étant un matériau à la fois très fragile et très solide, le bottier doit en connaître toutes les caractéristiques. Le geste doit être maîtrisé, précis, souple, délicat, soigné… mais aussi relativement appuyé pour râper ou coudre les peaux. Sans oublier la patience, car la réalisation d’une paire de chaussures demande beaucoup de temps.

Habileté manuelle

Le bottier doit avoir quelques notions d’ébénisterie pour pouvoir réaliser la forme en bois du pied du client. Très manuel, il aime coller, coudre, clouer, dessiner… et manie différents outils (piqueuse, gouge, râpe, ébourroir, fer à lisse…).

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Du temps et de la minutie

Un artisan bottier exerce un travail long et minutieux. En effet, il fabrique environ une quarantaine de paires de bottes et de chaussures par an. Pour un modèle homme par exemple, il consacre au minimum 40 heures de travail, avec 3 essayages et une centaine de manipulations.

Une clientèle exigeante

Le bottier peut recevoir des commandes publiques pour des événements tels que les défilés de haute-couture, par exemple, ou être sollicité par des costumiers (ou des assistants de production) à l’occasion d’un opéra, d’une pièce de théâtre, d’un film… Sa clientèle appartient souvent au monde de la politique, des affaires, de l’industrie du spectacle (cinéma, musique, théâtre, music-hall, télévision, cirque), de la mode, du sport. Exigeante, elle recherche un produit unique, confortable, solide et élégant… même s’il faut y mettre le prix.

Artisan ou salarié

Le bottier peut travailler en tant que salarié au sein d’un atelier de luxe. Ou exercer à son compte en tant qu’artisan d’art : il est alors commerçant et gestionnaire de son entreprise.

Carrière

Un métier rare mais de la demande

Dans le secteur de la chaussure, même le haut de gamme est touché par la crise. Il ne reste, en effet, qu’une vingtaine de bottiers en France, essentiellement en Ile-de-France. Pour les professionnels du cuir, les débouchés se situent davantage dans les ateliers de montage ou de prototypage des enseignes de mode que dans le secteur artisanal.

Se faire un nom avant de s’installer

Pour obtenir des commandes, le nom et la renommée de l’entreprise est très important. Il faudra donc au bottier de longues années d’expérience auprès de bottiers reconnus, avant qu’il puisse envisager de s’installer à son compte.

Vers la podo-orthopédie ?

Après plusieurs années d’expérience, le bottier peut devenir chef d’équipe dans un atelier de fabrication et superviser une équipe d’ouvriers. Il peut aussi se spécialiser dans la chaussure orthopédique. Il conçoit et fabrique alors, sur mesure, des orthèses plantaires destinées à corriger un défaut ou une faiblesse des pieds.

Salaire du débutant (base métropolitaine)

À partir du Smic.

Quand il est installé à son compte, le bottier est payé par ses clients pour chaque travail réalisé. Ses revenus sont donc variables et dépendent également de sa notoriété et des tarifs qu’il pratique.

Accès au métier

Le métier de bottier est essentiellement accessible avec un CAP. Premier diplôme de la filière artisanale, il peut être complété en cours d’emploi par le brevet de maîtrise (BM) pour parfaire ses connaissances. Néanmoins, ce sont surtout l’expérience et la pratique qui permettent de devenir un professionnel recherché et renommé. Le bac pro métiers du cuir prépare davantage à un emploi de monteur de chaussure ou de prototypiste qu’à la création de modèles. Lui faisant suite, le BTS métiers de la mode débouche, pour sa part, sur un emploi d’agent technique de bureau d’études et/ou de méthodes chargé par exemple d’élaborer une gamme de pointures.

  • Après la 3e

  • CAP cordonnier-bottier ;sellerie générale
  • Bac pro métiers du cuir, option chaussures
  • BM cordonnier bottier
  • Niveau bac + 2

  • BTS métiers de la mode, option chaussure et maroquinerie

Exemples de formations

Formations disponibles en Nouvelle-Calédonie

Aucune formation disponible en Nouvelle-Calédonie

Formations dans le reste de la France

Jusqu'au BAC

niveau 4 (bac ou équivalent)
niveau 5 (niveau CAP)

Après le BAC

niveau 3 (bac + 2)

En savoir plus

Témoignage

Pierre, bottier
On vend aussi du rêve

"Je suis passionné par le travail du cuir depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours su que je ferais de la chaussure haut de gamme. Après avoir été formé chez les Compagnons du devoir, je dirige maintenant un atelier de 4 personnes. Nous fabriquons 140 paires de chaussures par an. Ce métier est techniquement difficile, mais il ne faut pas omettre la relation avec le client qui peut être complexe, car on vend une part de rêve..."