Bronzier / bronzière

Niveau d'accès :
Statut(s) :
artisan, salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
Centre(s) d'intérêt(s) :
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Il y a 4000 ans, le bronze naissait du mélange du cuivre et de l’étain… Depuis, le bronzier travaille cet alliage pour créer ou restaurer des objets d’art ou décoratifs (sculptures, serrures, pièces d’ameublement…), grâce à des gestes traditionnels.

Le bronzier travaille et transforme le bronze en objets d’art ou décoratifs. À chaque étape de la réalisation d’un bronze correspond un savoir-faire spécifique : tourneur, repousseur, ciseleur, monteur et finisseur. Leur point commun : contribuer à l’entretien de la mémoire collective en perpétuant des techniques de travail anciennes. Professionnel vivant avec son temps, le bronzier participe aussi à la création de pièces modernes pour des particuliers, des hôtels et maisons de luxe, des musées…

Le métier

Nature du travail

Un nom, 5 métiers

Le bronzier fond et coule le bronze, et réalise les finitions. La réalisation d’un objet en bronze recouvre plusieurs étapes dans lesquelles le bronzier peut se spécialiser.

Quand il profile, à l’aide d’un tour, des pièces rondes, il est tourneur. Quand il réalise par repoussage les formes les plus diverses, il est repousseur : après avoir réalisé un modèle en creux, il y place une plaque de métal qu’il travaille pour qu’elle épouse le modèle. Le ciseleur sculpte différents motifs et crée des volumes en déformant le métal grâce à des ciselets ou à des poinçons. Le monteur, lui, façonne et assemble les éléments de l’objet final par sciage, soudure ou perçage. Enfin, le finisseur surface (ou polisseur) donne un aspect lisse, brillant, satiné ou vieilli à l’objet. Il peut appliquer une patine, poser une couche d’argent ou d’or…

Le bronzier peut aussi travailler le cuivre, le laiton, l’étain, l’acier, l’aluminium, l’ivoire…

De la restauration à la création

Artisan d’art, le bronzier est amené à restaurer des objets d’art. Mais il est également un créateur. En fonction des commandes qui lui sont passées, il conçoit de A à Z l’objet souhaité. Ce dernier est unique et portera un numéro et un poinçon garantissant l’authenticité et la qualité du travail d’art effectué.

Compétences requises

Culture technique et artistique

La reproduction ou la création d’une oeuvre d’art nécessite de maîtriser les caractéristiques techniques des matériaux utilisés (alliages, métaux, résines, plastiques…) pour pouvoir les travailler sans difficulté. De même, il faut bien connaître le contexte historique et artistique dans lequel est née une oeuvre afin de la restaurer ou de la reproduire convenablement. Des connaissances en histoire de l’art sont donc nécessaires.

Artisan et artiste

Le bronzier utilise de nombreux outils et machines, pratique la soudure, scie, perce, patine… Il doit donc être adroit et aimer manier de tels instruments de travail. Mais c’est également un artiste : créatif, il dessine et crée des croquis de la pièce qu’il réalisera ensuite grâce à son savoir-faire et à sa sensibilité artistique.

Précision et patience

Le bronzier doit faire preuve de minutie, de dextérité et d’un sens pointu de l’observation à toutes les étapes de son travail. Une vigilance accrue en ce qui concerne le respect des règles de sécurité est également indispensable. Le bronzier doit également être patient, la réalisation d’un bronze d’art pouvant être très longue. En contact avec les clients, il lui faut enfin avoir le sens de la communication pour les renseigner et les conseiller au mieux.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Salarié ou indépendant

Le bronzier exerce dans une fonderie d’art ou au sein d’une manufacture artisanale spécialisée dans le bronze, en tant que salarié. Il peut aussi s’installer à son compte en tant qu’artisan et prendre le statut d’indépendant. Ses clients sont les musées, les monuments historiques, les hôtels et les maisons de luxe, les décorateurs, les artistes, les particuliers et les professionnels du marché de l’art (antiquaires, ébénistes, galeristes, joailliers…).

Souvent en solo

En général, le bronzier travaille dans un atelier. Si, la plupart du temps, il travaille seul, il peut s’intégrer à une équipe de professionnels à l’occasion de commandes importantes ou de la réalisation de pièces monumentales. Il est alors créateur associé. Il peut aussi avoir à sous-traiter certaines opérations (dorure ou verreries pour un luminaire, par exemple).

Un environnement difficile

La fonte des métaux provoque de fortes chaleurs dans l’atelier. Le travail du bronze engendre également du bruit, des poussières et des émanations qui peuvent être nocives, notamment lorsque le bronzier utilise des produits chimiques pour nettoyer, dégraisser ou dorer un bronze. L’atelier doit donc être bien ventilé et le port d’un équipement de protection est recommandé : gants, lunettes, casque…

Carrière

Des commandes qui se raréfient

Malgré l’engouement des Français pour leur patrimoine, il existe peu d’emplois en matière de restauration d’art. D’autant plus que les commandes, notamment publiques (de collectivités locales ou de musées, par exemple), deviennent de plus en plus rares. Les commandes de particuliers et surtout celles des hôtels et des restaurants de luxe permettent au bronzier de maintenir son activité, mais non sans difficulté.

Un secteur en crise

Le secteur du bronze et, plus largement, de la fonderie est en perte de vitesse plusieurs années. Par ailleurs, le coût des matières premières ne cesse de croître.

Vers plus de polyvalence

De plus en plus rares, les bronziers peinent à survivre. Ils ont donc tendance à diversifier leurs compétences afin de pouvoir répondre à un maximum de commandes. Ils sont ainsi à la fois tourneurs, monteurs, ciseleurs, doreurs¿

Salaire du débutant (base métropolitaine)

À partir duSmic.

Accès au métier

L’accès au métier de bronzier se fait principalement à partir du CAP. Le titulaire du CAP peut ensuite poursuivre des études jusqu’à bac + 2, pour acquérir une compétence et une spécialisation complémentaires. Pour s’installer, mieux vaut posséder un diplôme de niveau bac. Cependant, des années d’expérience sont nécessaires pour maîtriser toutes les facettes du métier.

  • Niveau CAP

  • CAP bronzier options monteur en bronze, tourneur sur bronze, ciseleur en bronze
  • Niveau bac

  • Bac pro fonderie
  • BMA (brevet des métiers d’art) graphisme et décor option décorateur de surfaces et de volumes
  • BP (brevet professionnel) métallier
  • DFESMA (diplôme de fin d’études secondaires des métiers d’art) spécialité métiers d’art du métal de l’école Boulle à Paris
  • Niveau bac + 2

  • DMA (diplôme des métiers d’art) arts de l’habitat option ornements et objets de l’école Boulle à Paris
  • DMA décor architectural option métal de l’Ensaama (Olivier de Serres) à Paris

En savoir plus

Témoignage

Marc, tourneur d'art
Travailler les rondeurs et les couleurs

"J'aime redonner vie à des meubles anciens, abandonnés au fond d'un grenier ou d'une cave. C'est un vrai challenge que de retrouver les gestes anciens pour les intégrer au meuble à restaurer sans que cela choque. Travailler les poignées, retrouver la tournure, les rondeurs, constitue un plaisir énorme, car un bronzier est avant tout un amateur du beau, un train d'union entre le passé et le présent, voire même le futur."