Céramiste

Niveau d'accès :
Statut(s) :
artisan, salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
Centre(s) d'intérêt(s) :
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Poteries vernissées, grès, porcelaines, faïences… issues du mélange de l’argile et de l’eau après cuisson, ces créations surgissent des mains du céramiste qui procède ensuite à leur décoration.

Le céramiste doit maîtriser quatre éléments : la terre (sa matière première), l’eau (pour la rendre plastique), l’air (pour la sécher) et le feu (pour lui donner son aspect définitif). Il donne ainsi naissance à des produits usuels ou décoratifs. D’aspects, de couleurs et de textures différentes, ils peuvent être en grès, en faïence, en porcelaine, en terre vernissée ou en raku (technique japonaise produisant un effet craquelé). Un métier qui requiert un grand sens artistique, des gestes sûrs et précis, une extrême minutie.

Le métier

Nature du travail

Préparation des terres

Le céramiste prépare d’abord la terre qu’il va modeler. Il la lave, la bat et la pétrit pour lui donner l’homogénéité nécessaire, chasser les corps étrangers et les bulles d’air. Il procède ensuite à son façonnage.

Façonnage des pièces

Il existe plusieurs techniques de façonnage : le modelage avec les doigts et quelques instruments (spatules, racloirs et stylets) ; le tournage à l’aide d’un tour ; le coulage de la matière dans des moules…

Séchage et cuisson

Viennent ensuite le séchage et la cuisson dans un four à bois, à gaz ou électrique, de petite ou grande dimension, à plus ou moins forte température. Cette opération permet la vitrification des pâtes et la fixation des couleurs. Le raku, par exemple, est une technique qui consiste à cuire rapidement entre 900 et 1050 °C, puis à défourner brutalement pour créer un choc thermique qui fait craqueler l’émail.

Décalcomanie ou sérigraphie

Les pièces ainsi façonnées sont décorées sur émail (porcelaine) ou sous émail (faïences). Les décors sont réalisés par la pose de décalcomanies ou par la sérigraphie pour les fabrications en série. Les produits de grande valeur sont décorés à la main. Une activité qui se décline en plusieurs spécialisations : décor au pinceau, filetage et brunissage de l’or, polissage… Autre facette du métier : la fabrication de moules de coulage pour la réalisation de pièces en série. Un travail accompli par le technicien modeleur spécialisé en céramique.

Compétences requises

Sens artistique

Pour modeler un objet ou pour le décorer, le céramiste doit faire preuve d’un grand sens artistique. Qu’il fasse des objets usuels ou décoratifs, il doit aussi se montrer créatif pour émouvoir sa clientèle et en attirer une nouvelle. Le design de l’objet est aujourd’hui primordial. Les facultés du céramiste à la création originale sont donc essentielles. Une bonne connaissance de l’histoire de l’art s’impose également.

Habileté manuelle, patience et minutie

Le céramiste travaille avec ses mains. Lors du modelage, pour donner forme à ses œuvres, il doit faire preuve de beaucoup de doigté et d’une certaine forme physique. La décoration des céramiques demande aussi de la patience et de la minutie. Le savoir-faire du céramiste s’exerce aussi dans le maintien des grandes traditions du décor céramique (Moustiers, Longwy, Gien…). Le travail sur certaines pièces peut demander plusieurs dizaines d’heures.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Tourner en atelier

Le céramiste travaille dans un atelier. S’il pratique la technique du tournage, il s’installe devant son tour et dépose le pâton (une portion de pâte) humecté, arrondi avec la paume de la main. Il lance alors son tour et enfonce les pouces dans la masse de terre, exerçant une pression plus ou moins grande pour faire jaillir des formes nouvelles ou traditionnelles.

Choisir le bon lieu

Les artisans ont tendance à s’installer dans les centres traditionnels, nés de la présence d’une carrière d’argile ou de kaolin. On en trouve donc en Alsace, en Bourgogne, dans la Puisaye, la Saintonge et le Limousin. Mais c’est surtout en Provence, dans le Languedoc et en Ile-de-France que la plupart des potiers ont élu domicile. Ils sont présents aussi dans les lieux touristiques, parfois immortalisés par un artiste de renom, comme Picasso à Vallauris (06).

Vendre en boutique ou exposer

Le céramiste vend sa production dans la boutique de l’atelier, mais surtout en participant à des foires, des salons, des marchés de potiers qui ont régulièrement lieu en France ou à l’étranger. Il peut aussi organiser ses propres expositions pour se faire connaître.

Carrière

S’installer à son compte

Beaucoup de céramistes s’installent en tant qu’artisans d’art dans leur propre atelier. Ils emploient parfois un tourneur professionnel. L’investissement de départ peut être lourd. Il faut acheter un tour, un four, des presses pour les moules… Et, bien entendu, trouver un atelier. Pour gagner sa vie, il ne faut pas s’installer n’importe où. Autres impératifs : sortir de son atelier pour aller au-devant de la clientèle et ne pas compter ses heures.

Diversifier sa production

Si l’on note un certain intérêt du consommateur pour la céramique, il est recommandé, en attendant la notoriété, d’avoir plusieurs cordes à son arc. Beaucoup de professionnels sont contraints de faire « de l’utilitaire » : de la vaisselle en série, par exemple. Quelques professionnels travaillent dans des fabriques de vaisselle, dans des régions comme le Berry ou le Limousin, mais la production y est plus mécanisée. D’autres proposent des formations pour amateurs dans des associations de loisirs ou pratiquent la restauration d’objets d’art… Certaines entreprises comptent dans leurs rangs tous les métiers de la filière : le créateur-concepteur, le tourneur, le décorateur et le technicien modeleur.

Salaire du débutant (base métropolitaine)

A partir du Smic et jusqu’à environ 204 000 Cfp (1710 euros) brut par mois.

Accès au métier

Après la 3e,le CAP (certificat d’aptitude professionnelle) tournage en céramique apporte les savoir-faire de base. Le CAP décoration en céramique et le BT (brevet de technicien) dessinateur en arts appliqués spécialité céramique permettent de maîtriser les techniques du décor. Ces trois diplômes peuvent être complétés en 2 ans par un BMA (brevet des métiers d’art) céramique, puis, encore en 2 ans, par le DMA (diplôme des métiers d’art)arts textiles et céramiques option céramique artisanale. Après le bac, deux possibilités : le BTS (brevet de technicien supérieur) concepteur en art et industrie céramique en 2 ans, ou l’Esad (École supérieure des arts décoratifs) de Strasbourg en 5 ans.

Niveau CAP

  • CAP tournage en céramique ; décoration en céramique

Niveau bac

  • BMAcéramique

Niveau bac + 2

  • DMA arts textiles et céramiques option céramique artisanale
  • BTS concepteur en art et industrie céramique
  • Niveau bac + 3
  • DNAP option art ou design mention céramique
  • DNAT design de produit mention céramique

Niveau bac + 5

  • Diplôme de l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg
  • DNSEP option art ou design mention céramique

Exemples de formations

Formations disponibles en Nouvelle-Calédonie

Aucune formation disponible en Nouvelle-Calédonie

Formations dans le reste de la France

Jusqu'au BAC

niveau 4 (bac ou équivalent)
niveau 5 (niveau CAP)

Après le BAC

niveau 3 (bac + 2)
niveau 2 (bac + 3 et 4)

En savoir plus

Témoignage

Hervé, céramiste
En perpétuelle recherche

"Lorsque je me suis installé dans le Berry, j'ai eu envie de copier la tradition des "vieux pots" de la Borne. J'ai découvert la liberté qui peut naître de la reproduction. Mais depuis, je cherche tout le temps. Les grandes jarres aux formes tourmentées, où saillent des rubans d'argile que je fais actuellement, témoignent du chemin que j'ai parcouru depuis l'atelier de mon premier maître, un italien, avec lequel j'ai appris à faire de la faïence."