Chargé / chargée d’études en valorisation agricole des déchets

Niveau d'accès :
Statut(s) :
salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
/ /
Centre(s) d'intérêt(s) :
/

Les déchets sont une mine d’or ! Le chargé d’études en valorisation agricole des déchets s’intéresse aux détritus organiques urbains, industriels ou agricoles, et les recycle en les transformant en fertilisant pour les sols.

Le chargé d’études en valorisation agricole des déchets utilise les détritus urbains, industriels ou agricoles pour fertiliser les sols. Il inventorie d’abord les déchets organiques (déjections animales, déchets verts, boues issues des stations d’épuration…) disponibles dans sa région, puis organise leur recyclage chez un agriculteur. Il promeut le compostage, la méthanisation et l’épandage. Avec lui, les déchets organiques deviennent un fertilisant ou une source d’énergie.

Le métier

Nature du travail

Identifier les déchets

Les boues des stations d’épuration urbaines ou industrielles, les déchets verts, les déchets des industries agroalimentaires et des élevages contiennent des éléments nutritifs et de la matière organique. Ces composants biodégradables sont utiles pour enrichir les sols à cultiver (à la place des engrais chimiques), à condition d’être traités correctement.

Analyser la matière première

Le chargé d’études en valorisation agricole des déchets établit d’abord l’inventaire des déchets qu’il a collectés auprès des producteurs. Puis il cherche des exploitations agricoles possédant des parcelles susceptibles de recevoir les épandages de ces déchets. Il analyse ces derniers pour vérifier leur innocuité et leur compatibilité avec les sols à fertiliser. Il peut proposer des solutions pour traiter ces boues avant de les épandre.

Faire un bilan de fertilisation

Le recyclage agricole nécessite un encadrement strict et rigoureux. Il faut vérifier qu’il n’y a pas pollution des sols et présenter un projet à l’administration. Une fois les autorisations obtenues, le chargé d’études réalise un suivi agronomique des épandages comprenant le conseil aux agriculteurs, des prélèvements de sols, la préparation du planning prévisionnel d’épandage et la rédaction du bilan de fertilisation.

Compétences requises

Un métier d’expert

Le chargé d’études en valorisation agricole des déchets doit avoir des connaissances pointues en matière de compostage, de méthanisation, etc. Les réactions de fermentation nécessitent de maîtriser divers paramètres : température, acidité, composition du biogaz produit, etc. Il faut connaître les méthodes de traitement des déchets, mais aussi les méthodes de fertilisation.

Suivre la réglementation

Les règles administratives des épandages sont très encadrées. Il existe, par exemple, une distance à respecter vis-à-vis des habitations voisines. Lisier, purin, boue urbaine… à chaque fois, l’épandage suit des règles spécifiques. Il faut aussi tenir compte de la présence de puits, de cours d’eau ou d’eau de baignade dans les alentours. Le chargé d’études en valorisation agricole rédige un cahier des charges en fonction de ces critères, et il y détaille ses propositions et leur coût financier.

Être persuasif

Le chargé d’études être savoir convaincre les agriculteurs d’utiliser les déchets pour enrichir leurs sols, en mettant en place une démarche environnementale, afin de diminuer l’utilisation de pesticides et de préserver la qualité des eaux. Des qualités relationnelles sont donc indispensables pour réussir.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Un métier de terrain

Le chargé d’études en valorisation agricole des déchets va à la rencontre des exploitants agricoles, des industriels, des techniciens agricoles et des élus locaux. Ses déplacements sont nombreux, d’autant qu’il doit prendre en compte le contexte local, le climat (sec ou humide) ou encore la topographie (champ plat ou en pente) du lieu où il intervient. Ses données influencent en effet le mode de traitement choisi pour que le recyclage des boues soit efficace.

Un travail collaboratif

Ce professionnel travaille en étroite collaboration avec l’administration, notamment les DDT (directions départementales des territoires). Il leur remet les différentes études validant la mise en agriculture des déchets, car la réglementation concernant l’utilisation des boues est très stricte. Il mène aussi des recherches en collaboration avec des instituts spécialisés comme le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) ou l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). Il demande parfois l’avis de spécialistes (géologues, économistes, juristes…) avant de mettre en place une solution de revalorisation.

Carrière

Un métier en développement

Dans le secteur de l’élevage, 300 millions de tonnes de déchets organiques sont produits chaque année, selon l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture). Il faudrait d’ailleurs parler d’une ressource à valoriser. Pour l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), la France détient même l’un des plus gros potentiels de production de biogaz agricole en Europe. Le défi est de taille, et les chambres d’agriculture s’y sont attelées et emploient de plus en plus de conseillers spécialisés en valorisation. Elles promeuvent aussi le co-compostage à la ferme : le recyclage de proximité (traiter les déchets verts des collectivités au sein d’une exploitation agricole proche). L’expertise du chargé d’études est donc recherchée pour mettre en place une vraie transition des habitudes de la filière agricole.

Des perspectives d’évolution

Le chargé d’études en valorisation agricole des déchets travaille au sein d’une chambre d’agriculture (mais le nombre de poste reste limité). Il peut aussi travailler chez un industriel du biogaz, en bureau d’études, en cabinet de conseil ou dans un institut de recherche. Il peut ensuite devenir directeur de bureau d’études ou responsable de recherche.

Salaire du débutant (base métropolitaine)

environ de 215 000 Cfp (1800 euros) à 274 000 Cfp (2300 euros) brut par mois.

Accès au métier

Le chargé d’études en valorisation agricole des déchets doit avoir de solides connaissances en environnement (déchets et traitements) et en agriculture pour connaître les besoins des sols. C’est souvent un ingénieur agronome qui a suivi une spécialisation adaptée.

  • Niveau bac + 5

  • Diplôme d’ingénieur agronome avec spécialisation environnement ou gestion des déchets
  • Master en agrosciences ou en gestion, traitement et valorisation des déchets

En savoir plus