Chirurgien / chirurgienne

Niveau d'accès :
Statut(s) :
libéral, salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
/
Centre(s) d'intérêt(s) :
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Des tumeurs aux fractures ouvertes en passant par les hémorragies, le chirurgien répare le corps humain et sauve des vies. Il allie compétences intellectuelles et grande dextérité manuelle, avec une bonne dose d’énergie.

Professionnel haut de gamme, le chirurgien effectue au moins 11 années d’études avant de pouvoir opérer tumeurs, fractures ouvertes, hémorragies, et effectuer la correction d’une malformation ou la pose d’une prothèse. Ses compétences sont aussi bien intellectuelles que manuelles. Dextérité et stabilité émotionnelle sont indispensables lorsqu’on a la vie d’un patient entre les mains. Le chirurgien exerce en libéral ou à l’hôpital avec un statut salarié. Son profil est recherché.

Le métier

Nature du travail

Consultation préopératoire

En lien avec le médecin spécialiste, le chirurgien décide de l’opération à mener. Il doit ensuite expliquer au patient ses choix, et en exposer les conséquences et les contraintes : temps d’hospitalisation, douleur, traitement médicamenteux, rééducation, séquelles éventuelles. Il faut parfois rassurer.

Opérations spécialisées

Selon sa spécialisation, le chirurgien extrait des tumeurs, pose des prothèses de hanche, de genou, d’épaule, corrige des malformations, répare des vaisseaux sanguins, des os fracturés, des ligaments rompus. Il intervient en salle d’opération aseptisée (sans microbe). Et met en oeuvre des techniques très spécifiques en utilisant des instruments mécaniques ou un laser.

Suivi postopératoire

Après l’opération, il assure le suivi postopératoire pour éviter les complications et prescrire le traitement. Il reste en contact avec ses patients à moyen ou long terme, au fil de visites de contrôle. Ainsi, il peut vérifier la stabilité d’une prothèse de hanche dans le temps, et programmer une éventuelle reprise en fonction de l’évolution des techniques.

Compétences requises

Dextérité et résistance

Très habile de ses mains, précis, minutieux, le chirurgien est un super mécanicien qui connaît l’anatomie du corps humain sur le bout des doigts. De plus, il fait preuve d’une grande maîtrise émotionnelle. Tel un pilote d’avion, il peut compter sur une résistance physique et nerveuse hors du commun, une parfaite santé et une bonne vue.

Goût du contact

À la fois rassurant et convaincant, le chirurgien doit prendre en compte le patient dans sa globalité. Sens du contact, empathie et charisme bienvenus.

La tête sur les épaules

Prendre en charge des vies humaines exige un goût affirmé pour la prise de responsabilités. Le chirurgien se plie à une bonne hygiène de vie pour être tous les jours à la hauteur de sa tâche. Il doit aussi se former régulièrement aux nouvelles techniques d’intervention pour rester au meilleur niveau tout au long de sa carrière.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Travail d’équipe

Professionnel ultra-spécialisé, le chirurgien a besoin, pour exercer son métier dans les meilleures conditions, d’être entouré par une équipe également très qualifiée (anesthésiste-réanimateur, infirmière de bloc…). C’est un chef d’équipe qui sait fédérer et organiser les tâches autour de son intervention. Chaque geste, chaque seconde compte.

Horaires contraignants

La chirurgie est une spécialité exigeante en temps (journées à rallonge) et en énergie (des opérations qui peuvent durer des heures, debout). Ce qui laisse peu de place à la vie de famille et aux loisirs… En plus de ses horaires de base, le chirurgien assure des gardes et des astreintes pour que toutes les urgences puissent être prises en charge.

Lourdes responsabilités

Responsable des conséquences de ses interventions, le chirurgien souscrit une assurance professionnelle très coûteuse afin de se prémunir contre d’éventuels procès, plus fréquents qu’auparavant. Il est soumis à l’Ordre des médecins, chargé de veiller au respect des règles de bonnes pratiques fixées par le code de déontologie médicale.

Carrière

Vers une pénurie ?

Malgré son prestige, la profession souffre d’une désaffection des jeunes. Beaucoup de responsabilités, des semaines de 70 heures, des primes d’assurance de l’ordre de 12 environ 0 Cfp (000 euros) par an… Les contraintes peuvent paraître disproportionnées, notamment par rapport au salaire d’un praticien hospitalier, moins élevé que dans le privé. Cela suscite un désamour problématique compte tenu des nombreux départs à la retraite prévus.

Du public au privé

44 % des chirurgiens exercent leur activité en libéral, contre 35 % avec un statut salarié. A l’hôpital, ils ont le statut de praticien hospitalier, et non fonctionnaire. Près d’un quart ont une activité mixte (à la fois libérale et salariée). Dans certaines spécialités comme la neurochirurgie ou la chirurgie infantile, la pratique hospitalière salariée prédomine nettement. Les chirurgiens esthétiques, les ophtalmologues et les spécialistes en chirurgie orale exercent majoritairement en libéral, entre cabinet en ville et clinique privée.

Ultra-spécialisé ou gestionnaire

Le chirurgien peut se spécialiser dans un champ de l’anatomie ou sur un public (enfants…). Les possibilités sont nombreuses : neurochirurgie, chirurgie plastique, orthopédique (os, muscles, tendons), pédiatrique, cardiaque, vasculaire, viscérale et digestive. Chef de service, le chirurgien devient gestionnaire et organisateur de projets.

Accès au métier

11 années d’études sont nécessaires pour devenir chirurgien. La formation débute par la PACES (première année commune aux études de santé) est accessible après le bac (S de préférence). La PACES se termine par un concours au nombre de places restreint (20 % d’admis).

En 2e et 3e années : enseignement des bases théoriques (anatomie, biologie…) de la médecine et premiers stages hospitaliers. En fin de 3e année, obtention du diplôme de formation générale en sciences médicales, niveau licence.

En 4e , 5e et 6e années : acquisition d’une formation médicale complète ; pratique hospitalière renforcée. À la fin de la 6e année, l’étudiant passe les ECN (épreuves classantes nationales). Le choix de la spécialité et/ou de la région où il effectuera son internat dépend de ses résultats et de son rang de classement. En 2013-2014, 654 postes sont disponibles dans les spécialités chirurgicales.

L’internat : les étudiants préparent un DES (diplôme d’études spécialisées) en chirurgie, qui dure 5 ans au minimum. Une thèse, de préférence dans la spécialité du futur chirurgien, est soutenue à la fin de l’internat et débouche sur le diplôme d’État de docteur en médecine, avec mention de la spécialité.

  • Niveau bac + 11

  • DES chirurgie
  • DESC chirurgie

En savoir plus

Témoignage

Yohann, interne en chirurgieau centre hospitalier d'Épernay (51)
Aucun temps mort

"J'aime le rythme trépidant de ce métier. À la fin de la journée, j'ai l'impression qu'elle a été bien remplie. Il n'y a pas de longueurs. Ce qui me motive, c'est aussi d'agir sur un problème précis et de procurer un soulagement immédiat. En revanche, c'est très difficile d'avoir une vie extraprofessionnelle épanouie. On doit investir beaucoup de temps dans son travail. Autant prévenir ceux qui veulent être très présents auprès de leur famille... Et il faut une bonne dose de patience et d'énergie : en un mot, être passionné. Aujourd'hui, les jeunes professionnels ont moins matière à rêver : le métier est de plus en plus dur et les patients de plus en plus exigeants... Mais je rassure les futurs chirurgiens : ils feront le plus beau métier du monde !"