Directeur / directrice de la photographie

Niveau d'accès :
Statut(s) :
intermittent du spectacle, salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
/ /
Centre(s) d'intérêt(s) :

Quel point commun entre une séquence de cinéma, une émission de télévision et un spot publicitaire ? Une image travaillée par le directeur de la photographie. Avec une attention particulière portée aux couleurs, à la lumière et au cadrage.

Le directeur de la photographie est responsable de la qualité technique et artistique des images d’un film, d’un documentaire ou d’un clip. Intermittent du spectacle, il décroche des contrats pour la durée d’un tournage. Si le BTS métiers de l’audiovisuel suffit rarement à se faire embaucher, il permet, en revanche, de tenter d’accéder à de prestigieuses écoles (Louis Lumière, Femis). Le métier évolue au fur et à mesure que les technologies numériques gagnent du terrain.

Le métier

Nature du travail

Préparer le tournage

Après avoir étudié le scénario (ou le  » conducteur « ), le directeur de la photographie participe au repérage des lieux de tournage, donne son avis sur les décors, les costumes et les maquillages. En accord avec le réalisateur, il établit le plan de tournage et décide du découpage du film. En fonction du lieu de tournage (intérieur ou extérieur), du moment (jour ou nuit), des cibles (une personne blonde, brune ou chauve présente à l’écran, par exemple) et des effets recherchés, il réalise des choix techniques en testant la caméra, les objectifs et les pellicules.

Diriger les opérations

Pendant le tournage, il dirige et coordonne toute une équipe de techniciens : les assistants opérateurs, les cadreurs, les électriciens et les machinistes. Il réajuste également l’éclairage en fonction du cadrage, des contraintes matérielles et… des imprévus.

Participer au montage

Secondé par un technicien étalonneur, il harmonise ensuite les images. Par exemple, en assombrissant un plan, en augmentant le contraste d’un autre… Ces retouches sont effectuées sur ordinateur. Le directeur photo veille aussi à la cohérence esthétique entre les différentes séquences filmées.

Compétences requises

Sensibilité artistique

Le directeur de la photographie doit parfois oublier son ego pour servir le plus fidèlement possible le projet du réalisateur. Mais dans la plupart des cas, il peut laisser libre cours à son imagination et à sa créativité. Il déploie alors toute la palette de ses talents artistiques même s’il doit toujours tenir compte de contraintes de temps et d’argent.

Organisation et esprit d’équipe

Il est capable de coordonner le travail de plusieurs professionnels, tout en respectant un planning souvent serré et un budget non extensible. Lors d’une émission de télévision filmée en direct, la venue d’un invité supplémentaire peut bouleverser toute l’organisation. Mieux vaut, dans ce cas, savoir réagir rapidement.

Évoluer avec les technologies

Aujourd’hui, un directeur photo ne peut plus se permettre d’ignorer les nouvelles technologies utilisées pour le traitement des images numériques. Les stages professionnels permettent de combler les éventuelles lacunes en la matière.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Intermittent du spectacle

Le plus souvent, le directeur photo est engagé par une société de production le temps d’une réalisation (autrement dit, d’une journée à plusieurs mois). Il travaille avec le statut d’intermittent du spectacle : pour bénéficier des allocations chômage, il doit donc engranger un certain nombre d’heures de travail chaque année. La plupart des emplois se situent en région parisienne.

Avec des équipements adaptés

Ce professionnel peut utiliser toute une gamme de matériels et d’accessoires pour améliorer la qualité de l’image : petits spots ou gigantesques projecteurs, réflecteurs, filtres ou encore toiles blanches… À la télévision, en présence de plusieurs caméras (jusqu’à une vingtaine), il doit garantir une lumière uniforme, quels que soient les angles de prise de vue et la largeur des plans. Son rôle est très technique, entre le plateau de tournage et la régie. Au cinéma, les caméras sont moins nombreuses que sur un plateau télé et l’éclairage change d’une scène à l’autre.

Des déplacements fréquents

Dans le cinéma, la préparation des tournages implique des déplacements pour faire des repérages. A la télévision, les lieux de tournage peuvent aussi se faire en extérieur et également occasionner des déplacements.

Carrière

Un poste qui se mérite

Il faut avoir du talent, de la volonté, une bonne formation, de la ténacité et… accepter la précarité. On commence habituellement comme stagiaire sur un tournage, puis cadreur, assistant opérateur et finalement directeur de la photographie.

Pour une société de production

À la télévision, il est employé soit directement par la chaîne de télévision, soit (le plus souvent) par l’entreprise qui produit l’émission : la société de production. Pour un documentaire on parlera plutôt de chef opérateur de prise de vue que de directeur de la photographie…. et l’esthétique de l’image sera moins poussée que pour un long métrage.

Pour le cinéma : il se faut faire un nom !

Le directeur de la photographie est un poste très important pour la production d’un film. Il est souvent choisi en amont du projet, sur la suggestion du réalisateur ou du producteur. Nombre de réalisateurs ont leur directeur photo attitré et n’envisagent pas d’en changer. Le relationnel joue donc un rôle essentiel dans l’accès à l’emploi et le maintien dans le circuit professionnel. Ses meilleurs atouts pour décrocher des contrats : la réputation qu’il s’est peu à peu forgée dans le milieu professionnel et un carnet d’adresses bien rempli.

Salaire du débutant (base métropolitaine)

Au cinéma, le salaire dépend du budget des films, du nombre de jours de tournage, et de l’expérience. La convention collective des techniciens de la production cinématographique prévoit un salaire hebdomadaire minimal de environ 317 000 Cfp (2660 euros) pour un directeur de la photographie, soit environ 10640 euros bruts pour un mois de travail.

Accès au métier

L’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son (ENSMIS ex-FEMIS) et l’École nationale supérieure Louis Lumière préparent toutes les deux (sur concours, en 3 ans après un bac + 2) au métier de directeur de la photographie.

Le BTS métiers de l’audiovisuel constitue cependant une bonne préparation.

À l’université, il existe des masters en audiovisuel, mais les enseignements y sont plutôt théoriques.

Enfin, de nombreuses écoles privées proposent, elles aussi, des formations post-bac. Leur efficacité n’est pas toujours à la hauteur de leur coût. Mieux vaut se renseigner auprès des anciens élèves avant de s’inscrire.

Niveau bac + 2

  • BTS métiers de l’audiovisuel, option métiers de l’image ;

Niveau bac + 5

  • Masters sciences, mention sciences, arts et techniques de l’image et du son, spécialité ingénierie de la prise de vue supports argentiques, numériques ; arts, mention cinéma et audiovisuel, spécialité réalisation et création ; arts, lettres et langues, mention audiovisuel, communication et arts du spectacle spécialité création audiovisuelle …
  • Diplôme de l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son (FEMIS) spécialisation image ;
  • Diplôme de l’École nationale supérieure Louis Lumière sections cinéma ou photographie.

En savoir plus

Témoignage

Gérard, directeur de la photographie
Faire face aux imprévus

"Pour les émissions en plateau, je m'installe en régie lumière avec l'ingénieur vision. Un chauve, un blond ou une personne de couleur demandent des réglages différents des sources lumineuses. Parfois, 10 minutes avant le début d'une émission, alors que tout est calé, on nous annonce un invité supplémentaire ou un changement de place. Dans ce cas, il faut réagir très vite."