Journaliste reporter / reportrice d’images

Niveau d'accès :
Statut(s) :
indépendant, salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
/
Centre(s) d'intérêt(s) :
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Vidéo

Journaliste de terrain par excellence, le journaliste reporter d’images (JRI) est spécialisé dans la réalisation de reportages pour la télévision, les agences de presse audiovisuelle, les sociétés de production… Caméra à l’épaule, il enregistre les images et le son. Il rédige ensuite un commentaire et le monte sur images pour finaliser son sujet.

Caméra à l’épaule, le journaliste reporter d’images (JRI) est capable de réaliser des reportages de A à Z. Son rôle est triple : mener les interviews, recueillir les images et les sons, puis monter les images et rédiger le commentaire. Dans les rédactions des grandes chaînes nationales, le JRI est accompagné sur le terrain par un rédacteur ; il se charge alors uniquement des prises de vues et de sons. Les débuts dans la profession sont souvent synonymes de précarité.

Le métier

Nature du travail

Proposer un sujet, mener une enquête préalable

Le JRI est d’abord journaliste. Il propose des sujets à sa rédaction et prend les contacts nécessaires pour réaliser un reportage. Il mène un travail d’enquête, puis cale les interviews. Ce professionnel de l’information tourne des sujets d’actualité s’il travaille pour un journal télévisé, mais peut également réaliser des magazines pour une chaîne de télévision ou pour le compte d’une société de production.

Tourner, rédiger, monter

Une fois son projet de reportage « calé », le JRI se rend sur le terrain. Caméra à la main ou à l’épaule, il tourne son sujet. Il mène les interviews, prend le son à l’aide d’un micro et enregistre les images. Ensuite, il se charge du montage et du commentaire sur images, pour donner une cohérence au reportage. S’il prend en charge ces trois étapes (réalisation, rédaction et montage), il est dit « triqualifié ».

Parfois en binôme

Le JRI peut aussi être accompagné d’un journaliste sur le terrain, appelé rédacteur-reporter. C’est ce dernier qui mènera les interviews, rédigera le commentaire sur images et assurera le montage (à moins de se faire aider d’un monteur), avant d’enregistrer le commentaire audio (mixage). Le JRI, lui, réalisera les prises de vues et de son. On retrouve le binôme JRI-rédacteur dans les grandes chaînes de télévision. Le JRI triqualifié sera davantage employé dans des chaînes locales ou d’info en continu.

Compétences requises

Spécialiste de l’info

Les compétences du JRI sont celles de tout journaliste. Savoir recueillir l’information, réaliser des interviews intéressantes, vérifier ses sources, analyser le contexte, choisir un angle pertinent pour traiter un sujet sont les bases du métier. Organisé, le JRI doit penser à la construction de son reportage avant d’aller sur le terrain. Quelles sont les images à tourner pour illustrer le propos ? Quelles questions poser aux personnes interviewées?…

Un pro de l’image

Le JRI maîtrise les techniques audiovisuelles : prise de vues, de sons, sélection des images, montage… Il sait s’adapter aux évolutions des matériels (caméras, micros, logiciels de montage) et mesurer l’impact des images sur les téléspectateurs.

Curiosité et diplomatie

La curiosité est une qualité importante dans la profession. Lire l’ensemble de la presse, regarder les JT, écouter les flash radio et lire des articles web… autant de moyens pour se tenir informé et trouver un bon sujet de reportage. Le métier nécessite également de la diplomatie, indispensable pour instaurer un climat de confiance avec les personnes filmées et interviewées. La maîtrise de l’anglais est impérative.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Sur le terrain

Le journaliste reporter d’images est avant tout un professionnel de terrain. Les déplacements, dans un quartier voisin, une ville en France ou à l’autre bout du monde, font partie intégrante du métier. Le JRI ne compte pas ses heures, car son activité varie en fonction de l’actualité !

Dans l’urgence

Avec l’augmentation des chaînes d’information en continu, le journaliste reporter d’images est souvent amené à travailler dans l’urgence et peut être envoyé sur plusieurs sujets dans la journée. Une solide culture générale et une bonne connaissance de l’actualité au quotidien sont alors indispensables pour pouvoir poser des questions pertinentes et tourner un sujet de qualité.

Un métier physique

Rester debout plusieurs heures, attendre un événement sous la pluie ou dans le froid, se frayer un chemin parmi une dizaine de cameramen, porter un équipement de plusieurs kilos… le travail de JRI n’est pas de tout repos. Pour l’exercer, une bonne condition physique est nécessaire.

Carrière

Télévision, sociétés de production…

Les JRI sont employés par des chaînes de télévision, des agences de presse audiovisuelle, des sociétés de production… La majorité des professionnels travaille pour la télévision (72 %). Les journalistes reporters d’images exerçant pour le compte de sociétés de production et d’agences de presse audiovisuelle représentent, eux, près de 11 % du total des JRI .

Des débuts précaires

Le travail à la pige (rémunération forfaitaire au reportage ou à la journée de travail) est un passage quasi obligé pour les débutants. En effet, les entreprises audiovisuelles font appel à leurs services de manière ponctuelle. Ils doivent faire leurs preuves, montrer leurs compétences et devenir collaborateurs réguliers avant d’intégrer les équipes permanentes, en CDD (contrat à durée déterminée), puis en CDI (contrat à durée indéterminée). Il est possible d’exercer en tant qu’indépendant et de vendre ses documentaires à une société de production, à une chaîne ou à une agence.

Rémunération et salaires variables

Dans le monde des médias, c’est dans le secteur de la production et des agences de presse audiovisuelle que la moyenne des salaires et des piges est la plus élevée (plus de 4 500 euros par mois en CDI et 3 000 euros pour les pigistes), suivi de la télévision (plus de 4 000 euros par mois en CDI et 2 500 pour les pigistes).

Salaire du débutant (base métropolitaine)

environ de 10 000 Cfp (84 euros) à 12 000 Cfp (102 euros) brut par jour en pige

Accès au métier

Les écoles de journalisme reconnues par la profession constituent la voie la plus sûre pour accéder au métier de JRI : l’ESJ à Lille ; le CFJ à Paris, l’IPJ, l’École de journalisme de Sciences Po, le Celsa, l’IFP à Paris ; le Cuej à Strasbourg ; l’IJBA à Bordeaux ; l’EJDG à Grenoble ; l’EJT à Toulouse ; l’EJCAM à Marseille ; et les trois départements information-communication option journalisme des IUT (instituts universitaires de technologie) de Tours (EPJT), de Lannion et de Nice. L’entrée se fait sur concours, très sélectifs, accessibles aux titulaires d’un bac pour le DUT (diplôme universitaire de technologie), d’un bac + 2 pour la licence pro de Tours, et d’un bac + 3 pour les autres écoles (dans la réalité, la majorité des admis possède un niveau bac + 4, voire + 5). Certaines écoles proposent une formation spécifique au métier de JRI (ESJ, CFJ…). Des écoles privées et des masters peuvent également mener au journalisme.

  • Niveau bac + 2

  • DUT information-communication option journalisme
  • Niveau bac + 3

  • Licences pro Métiers de l’information : métiers du journalisme et de la presse
  • Niveau bac + 4/5

  • Diplômes d’écoles de journalisme reconnues par la profession
  • Diplômes d’écoles privées en journalisme et en audiovisuel
  • Masters Journalisme, Science politique …

En savoir plus

Témoignage

Norbert, JRI
Saisir le bon moment

"En tournage, on n'a pas le droit de rater sa prise parce que ce n'est pas une scène que les gens vont rejouer pour nous. En termes d'images, on doit avoir les meilleurs plans, les meilleures actions."

"Je crois qu'avant tout, un bon JRI, c'est quelqu'un qui sait trouver où est la vie dans le reportage qu'il est en train de tourner. C'est quelqu'un qui sait saisir le bon moment dans un événement."