Juge d’instance

Niveau d'accès :
Statut(s) :
fonctionnaire
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Travaux mal exécutés, loyers impayés… Le juge d’instance traite chaque jour un nombre important de petits conflits. Si cette profession attire de nombreux candidats, elle reste extrêmement difficile d’accès.

Dégradation d’un bien, non-paiement d’un loyer… Les domaines d’intervention du juge d’instance, personnage clé du ministère de la Justice, sont vastes. Ce magistrat spécialiste des conflits entre particuliers est également juge des tutelles et, en tant que tel, chargé de protéger les plus faibles. Si ce métier continue d’attirer de très nombreux étudiants, la sélection à l’entrée de l’École nationale de la magistrature, seule voie d’accès à la profession, est extrêmement forte.

Le métier

Nature du travail

Proche du justiciable

Dégradation d’un bien, non-paiement d’un loyer… Les domaines d’intervention d’un juge d’instance sont vastes. Seule condition requise : que les sommes en jeu soient inférieures à 10 000 euros. Ce magistrat du siège s’occupe également des litiges relatifs aux crédits à la consommation (achat d’une voiture, cuisine équipée…) ou au financement des dépenses de construction (ravalement de façade, réparations…).

Protecteur des faibles

Le juge d’instance est également juge des tutelles. Sa mission : protéger les plus faibles, en concertation avec les médecins, les services sociaux, les notaires… Lors de la souscription d’un prêt ou pour la signature d’un contrat de vente, il peut ainsi assister les personnes qui n’auraient pas l’autonomie nécessaire pour accomplir seules cet acte : des majeurs « diminués » physiquement ou mentalement, ou encore des mineurs dont les deux parents sont décédés ou déchus de leur autorité parentale. Les demandes d’émancipation des mineurs âgés de plus de 16 ans sont aussi du ressort du juge des tutelles.

Compétences requises

Humain et juste

De solides connaissances en droit sont, bien sûr, exigées. Mais un juge d’instance doit aussi être attentif et disponible, humble et autonome, capable d’initiative et de synthèse, réactif et organisé, conciliant et compréhensif. Au quotidien, il est animé par la recherche de la vérité et le sens de l’équité.

Impartial et psychologue

Même s’il est seul pour rendre son jugement, le juge d’instance intervient de plus en plus dans un cadre collectif. Il doit prendre le temps de consulter différents partenaires avant de rendre, en toute objectivité, sa décision finale. D’autant plus que celle-ci est parfois lourde de conséquences sur la vie des gens.

Faire preuve de psychologie est indispensable pour appréhender au mieux les affaires traitées. Des talents de médiateur sont très appréciés pour apaiser les conflits et gérer les événements difficiles.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Indépendance et inamovibilité

Ce magistrat du siège est indépendant et inamovible, bénéficiant ainsi de la garantie d’exercer ses fonctions en toute liberté. Il ne peut être ni révoqué ni déplacé contre son gré. Lors d’une audience, il est assis (magistrature assise), contrairement aux magistrats du parquet (magistrature debout) qui représentent l’intérêt public.

Étude des dossiers et audiences

L’essentiel de son activité consiste en l’étude des dossiers, en très grand nombre, et en la rédaction des décisions. Le juge d’instance se rend en moyenne 1 journée par semaine au tribunal pour les audiences. Dans le cadre de la protection des majeurs protégés, il est amené à se déplacer chez les personnes concernées (handicapées, âgées…) pour les entendre.

Autonomie et responsabilités

Assisté d’un greffier, le juge d’instance préside les audiences, au sein du tribunal d’instance, et décide seul. Ce poste est privilégié par les magistrats qui apprécient les missions variées et l’autonomie.

Carrière

Différentes fonctions

Le métier de juge regroupe une grande diversité de spécialités. Choisir l’une d’elles n’est cependant pas définitif. Au cours de sa carrière, le juge d’instance est amené à changer de spécialisation, de manière à évoluer plus rapidement. Après quelques années à ce poste, il pourra, par exemple, s’orienter vers la fonction de juge aux affaires familiales, juge des enfants ou encore juge d’instruction. Néanmoins, passer du siège, fier de son indépendance, au parquet (en tant que substitut du procureur ou procureur de la République), dépendant du ministère, semble difficile…

Évoluer grâce à l’ancienneté

Pour atteindre le premier grade (vice-président d’un tribunal de grande instance), un magistrat doit être inscrit au tableau d’avancement, sur décision de son seul supérieur hiérarchique, et justifier de 7 années d’ancienneté. La consécration suprême d’une carrière : accéder aux postes classés hors hiérarchie, comme ceux de premier président, procureur de la République, procureur général d’une cour d’appel ou de la Cour de cassation…

Salaire du débutant (base métropolitaine)

Après réussite au concours de la magistrature, un élève magistrat perçoit environ 198 000 Cfp (1662 euros) brut par mois. En début de carrière, un magistrat titulaire perçoit 2092 euros brut par mois.

Accès au métier

Agent public de l’État, le magistrat est recruté sur concours du ministère de la Justice. La formation (rémunérée) se déroule à l’ENM (École nationale de la magistrature) de Bordeaux. Le concours est ouvert aux titulaires d’un master 1 (bac + 4), d’un diplôme d’IEP (institut d’études politiques), et aux anciens élèves d’une école normale supérieure, âgés de 31 ans au plus. Trois tentatives sont possibles.

  • La formation des élèves magistrats (qui ont le statut d’auditeur de justice) dure 31 mois. Elle comprend une partie théorique et de nombreux stages pratiques au sein d’une administration, d’une entreprise ou d’une institution judiciaire, dans une juridiction auprès d’un magistrat, dans un cabinet d’avocats… À l’issue d’un examen, le jury se prononce sur l’aptitude de l’auditeur de justice et détermine son rang de classement pour le choix d’un premier poste. Il suit alors une formation et un stage centrés sur cette affectation.

À noter : l’ENM propose des classes préparatoires au concours d’entrée aux jeunes issus de milieux sociaux défavorisés. Il est aussi possible de préparer le concours à l’université dans le cadre des IEJ (instituts d’études judiciaires).

  • Niveau bac + 4 au minimum

  • Master 1 et 2
  • Diplôme d’IEP

Exemples de formations

Formations disponibles en Nouvelle-Calédonie

Aucune formation disponible en Nouvelle-Calédonie

Formations dans le reste de la France

Après le BAC

niveau 1 (bac + 5 et plus)

En savoir plus

Témoignage

Mariella Luxardo, "ancienne juge d'instance"
Un poste gratifiant

"Dès le lycée, les études juridiques m'attiraient. Je voulais au départ être avocate, pour défendre les droits des personnes. Après une maîtrise de droit privé à Paris 13 et 1 an à l'IEJ (institut d'études judiciaires) de Paris 2, j'ai finalement choisi de devenir magistrate. Car, contrairement aux idées reçues, le juge ne fait pas que condamner. Il défend avant tout les droits des personnes et de la société. J'ai aimé être juge d'instance pour la variété des missions. Je réglais des litiges entre particuliers aussi bien que des problèmes de logement ou de consommation. J'assurais la protection des personnes âgées. L'attente des gens concernés est énorme. C'est un poste gratifiant qui réserve des surprises. Il m'est arrivé de saisir un 747 à une compagnie aérienne qui n'avait pas payé ses réparations."