Juge d’instruction

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Après enquête, le juge d’instruction analyse les éléments qui peuvent accuser ou innocenter un suspect. À lui d’estimer si les preuves sont suffisantes pour le juger.

Dans une procédure pénale, le juge d’instruction est celui qui mène l’enquête, à charge et à décharge. Son objectif : permettre la manifestation de la vérité. Pour cela, il réunit les éléments du dossier, procède aux interrogatoires, entend les témoins, ordonne des perquisitions… Il décide ensuite de la suite à donner : rendre une ordonnance de non-lieu ou renvoyer l’affaire devant un tribunal ou la cour d’assises.

Le métier

Nature du travail

La quête de la vérité

Le juge d’instruction instruit les crimes et délits complexes, et les met en état d’être jugés. Pour cela, il est chargé de rassembler les pièces du dossier, de réunir les éléments d’information favorables ou non au suspect, et d’interroger les témoins. Il mène l’enquête « à charge et à décharge ».

Sur demande du procureur ou d’une victime

Ce magistrat du siège est saisi soit par le procureur de la République qui ouvre une information judiciaire, soit par une victime qui se constitue partie civile. Il ne décide pas de l’ouverture d’une enquête. Lorsqu’un crime est commis, le juge d’instruction est obligatoirement saisi.

Une position clé

Le juge d’instruction est à la fois celui qui enquête et celui qui prend les décisions. Comme enquêteur, il organise le travail de la police judiciaire, en déléguant ses pouvoirs par commission rogatoire. Il mène les interrogatoires, entend les témoins… Comme juge, il délivre les mandats d’arrêt, ordonne les perquisitions, autorise les écoutes téléphoniques, met les suspects en examen, demande un placement en détention provisoire au juge des libertés et de la détention… Une fois son travail terminé, il peut décider du non-lieu d’une affaire ou de son renvoi devant la juridiction compétente.

Compétences requises

Humain et juste

De solides connaissances en droit sont, bien sûr, exigées. Mais un magistrat doit aussi être attentif et disponible, humble et autonome, capable d’initiative et de synthèse, réactif et organisé, conciliant et compréhensif. Au quotidien, il est animé par la recherche de la vérité et le sens de l’équité.

Impartial et psychologue

L’action du magistrat s’inscrit de plus en plus dans un travail collectif. Il doit prendre le temps de consulter les différents partenaires avant de rendre, en toute objectivité, sa décision finale. Celle-ci est parfois lourde de conséquences pour les personnes impliquées. Faire preuve de psychologie est indispensable pour appréhender au mieux les affaires à traiter. Des talents de médiateur sont très appréciés pour apaiser les conflits et gérer les événements difficiles.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Une grande éthique

Désigné par le président du TGI (tribunal de grande instance), le juge d’instruction doit, dans le cadre de son exercice, trouver sa ligne de conduite entre respect du Code de procédure pénale et éthique professionnelle. Magistrat du siège, il est indépendant et inamovible. De par ses fonctions, il se voit confier de grandes responsabilités. Ses décisions influent directement sur la vie de ses concitoyens.

Entouré de professionnels

Afin de mener son enquête, il travaille en collaboration avec de nombreux professionnels : officiers de police judiciaire, gendarmes, avocats, service médico-légal, experts judiciaires… Il doit ensuite rendre seul une décision, en fonction des résultats de l’enquête.

Une fonction très prenante

S’occupant de nombreux dossiers, le juge d’instruction travaille souvent le soir et le week-end. Au quotidien, il est assisté d’un greffier. Il doit également assurer les permanences : il lui faut alors être disponible 24 heures sur 24, si une affaire survient.

Carrière

Mobilité fonctionnelle et géographique

La profession de magistrat regroupe une grande diversité de spécialités. Choisir l’une d’elles n’est cependant pas définitif. Au cours de leur carrière, les magistrats sont amenés à changer régulièrement de spécialisation, de manière à évoluer plus facilement. Il est possible d’être juge d’instruction, puis de passer juge d’instance, juge des libertés et de la détention, etc. (et inversement) en en faisant la demande. Il faut ensuite que celle-ci soit acceptée par la hiérarchie. Ces changements de fonction et/ou de tribunaux sont conseillés pour progresser.

Évoluer grâce à l’ancienneté

Pour atteindre le premier grade (vice-président d’un tribunal de grande instance), un magistrat doit être inscrit au tableau d’avancement, sur décision de son supérieur hiérarchique, et justifier de 7 années d’ancienneté. La consécration suprême d’une carrière : accéder aux postes classés hors hiérarchie, comme ceux de premier président, procureur de la République, procureur général d’une cour d’appel ou de la Cour de cassation…

Salaire du débutant (base métropolitaine)

Après réussite au concours de la magistrature, un élève magistrat perçoit environ 198 000 Cfp (1662 euros) brut par mois. En début de carrière, un magistrat titulaire perçoit 2092 euros brut par mois.

Accès au métier

Agent public de l’État, le magistrat est recruté sur concours du ministère de la Justice. La formation (rémunérée) se déroule à l’ENM (École nationale de la magistrature) de Bordeaux. Le concours d’admission à l’ENM est ouvert aux titulaires d’un master 1 (bac + 4), d’un diplôme d’IEP (institut d’études politiques), et aux anciens élèves d’une école normale supérieure, âgés de 31 ans au plus. Trois tentatives sont possibles.

La formation des élèves magistrats (qui ont le statut d’auditeur de justice) dure 31 mois. Elle comprend une partie théorique et de nombreux stages pratiques au sein d’une administration, d’une entreprise ou d’une institution judiciaire, dans une juridiction auprès d’un magistrat, dans un cabinet d’avocats… À l’issue d’un examen, le jury se prononce sur l’aptitude de l’auditeur de justice et détermine son rang de classement pour le choix d’un premier poste. Il suit alors une formation et un stage centrés sur cette affectation. L’ENM propose des classes préparatoires au concours d’entrée aux jeunes issus de milieux sociaux défavorisés. Il est aussi possible de préparer le concours à l’université dans le cadre des IEJ (instituts d’études judiciaires).

  • Niveau bac + 4 minimum

  • Master 1 ou 2
  • Diplôme d’IEP

Exemples de formations

Formations disponibles en Nouvelle-Calédonie

Aucune formation disponible en Nouvelle-Calédonie

Formations dans le reste de la France

Après le BAC

niveau 1 (bac + 5 et plus)

En savoir plus

Témoignage

Marc, juge d'instruction au TGI (tribunal de grande instance) de Paris
Savoir trancher

"Au sein du tribunal de grande instance, je m'occupe de crimes et délits complexes dans lesquels interviennent des mineurs, qu'ils soient victimes ou accusés. Je traite des affaires de violences, d'abus sexuels, d'assassinats... Une activité parfois difficile. Certaines décisions ne sont pas évidentes à prendre : par exemple, conduire des mineurs vers leur première incarcération. Les procédures sont elles aussi spécifiques. Il faut donc être très vigilant. Dans les dossiers que l'on traite, les enjeux sont importants. Savoir trancher est l'essence même de ce métier. Il faut faire preuve d'humanisme, comprendre les situations sans tomber dans l'empathie. Depuis ma formation à l'École nationale de la magistrature, l'instruction m'attire. Ce que j'aime, c'est que l'on touche à la vie de la cité, on s'intéresse aux enjeux humains."