Parfumeur / parfumeuse

Niveau d'accès :
Statut(s) :
salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
/
Centre(s) d'intérêt(s) :
/

Chanel, Guerlain, Lancôme… des marques de luxe dans le domaine des parfums et des produits de beauté, dont les fragrances ont été imaginées et créées par la sensibilité olfactive d’un parfumeur créateur, appelé aussi  » nez « .

Les parfumeurs créateurs, également appelés  » nez « , ont un double profil : ils sont à la fois techniciens et artistes. Grâce à leur mémoire des odeurs, selon leur inspiration et les tendances du marché, ils composent de nouvelles formules magiques pour parfumer les produits. Que ce soit pour l’industrie cosmétique, alimentaire ou chimique, ils doivent s’adapter à de nombreuses contraintes : caractéristiques du support, exigences du client, budget, réglementation en vigueur…

Le métier

Nature du travail

Un mariage de senteurs

Arômes floraux, boisés, orientaux, chyprés… le créateur parfumeur mélange différentes essences naturelles ou produits de synthèse qu’il va utiliser en notes de tête, de coeur ou de fond selon son inspiration et les souhaits de son client. Il prend connaissance de l’univers olfactif de la marque, du positionnement du produit sur le marché, avant de retranscrire ce qu’il a imaginé sous la forme d’une odeur… et d’une formule chimique. Face à son orgue à parfums où sont rangées des centaines de fioles odorantes, il réalise des dizaines d’essais et de tests avec des dosages chimiques très précis, fait des retouches, affine son projet. Une semaine est nécessaire pour créer un shampoing, 2 à 3 mois pour une eau de toilette.

Une création sous surveillance

Que ce soit pour un parfum de luxe ou pour un nettoyant ménager, l’alchimie opérée par le parfumeur n’est jamais totalement libre. Il faut tenir compte de contraintes réglementaires très strictes pour protéger environnement et consommateurs. Des tests d’innocuité sont ainsi réalisés pour éviter tout risque de réaction cutanée et d’allergie. Il est présent au laboratoire pour juger sa formule, s’assurer que le produit résiste sur la durée.

Compétences requises

Sensibilité artistique et compétences techniques

Si des qualités olfactives sont indispensables au parfumeur, il doit aussi avoir d’excellentes connaissances en chimie et dans les matières premières (végétales, animales ou de synthèse) utilisées pour créer un parfum. Ce professionnel possède également un bagage technique solide en législation, droit commercial, marketing, gestion de production… La maîtrise de l’anglais est demandée.

Créativité, mémoire sensorielle et curiosité

Savoir reconnaître les parfums, mémoriser et identifier quelque 1 500 à 3 000 matières premières, être inventif et créatif : autant de qualités indispensables à tout créateur de parfums. Ce dernier doit être aussi curieux de toutes les modes : culinaires, esthétiques, vestimentaires, musicales, architecturales, et être à l’affût de toutes les tendances. Sentir l’air du temps peut l’inspirer et l’aider à lancer de nouvelles compositions olfactives.

Patience et persévérance

Plusieurs centaines d’essais et de tests sont souvent nécessaires pour aboutir au produit final. Autant dire qu’il faut se montrer patient et ne pas se laisser décourager…

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Du parfum de prestige au solvant

Le parfumeur peut travailler pour différents types d’industrie : cosmétique, alimentaire (pour concevoir des arômes) ou encore chimique (pour produire notamment des détergents). La plupart des créateurs sont salariés de sociétés productrices de matières premières (naturelles ou synthétiques) et de fournisseurs de concentrés parfumants vendus aux fabricants. Si le parfumeur intègre la parfumerie de luxe, il peut être amené à se déplacer pour rencontrer les clients, en France et à l’étranger. Quant aux parfumeurs attachés à une maison qui se consacrent à une seule marque, ils se comptent sur les doigts d’une main.

Un travail collaboratif

Les échanges sont nombreux entre le parfumeur et d’autres professionnels. L’évaluateur, par exemple, le guide en fonction de la demande du client et de l’offre déjà présente sur le marché, évalue la formule créée, fait le lien avec l’équipe marketing… De son côté, le législateur vérifie la conformité du produit avec les normes en vigueur. Dans le laboratoire d’application, des ingénieurs mettent le concentré créé sur support de façon à pouvoir sortir le produit en solution alcoolique, en shampoing, en crème…

Carrière

Un long apprentissage

Il faut de nombreuses années pour mémoriser, assimiler et identifier les innombrables senteurs. La première opération consiste à sentir, chaque jour, les matières premières pour apprendre à les reconnaître et à les nommer. Cela prend beaucoup de temps avant d’associer les accords, mélanger et marier les essences pour obtenir une note et imaginer de nouvelles odeurs.

Peu d’élus

Les formations de parfumeurs sont peu nombreuses car les débouchés sont limités. Il existe un peu plus d’une centaine de nez en France. Les échelons à gravir sont nombreux. On peut démarrer comme assistant parfumeur pourprépare les mélanges de matières premières en suivant les formules créées par le parfumeur créateur. Devenir ensuite  » parfumeur training « , puis junior afin d’approfondir les différentes facettes du métier. Occuper ensuite un poste d’évaluateur, qui interprète les souhaits du client, apporte un regard critique et émet des avis pendant l’élaboration du parfum. Ou encore effectuer du contrôle qualité. Avec l’expérience, les postes concerneront davantage la formulation chimique et la création de nouvelles odeurs.

Salaire du débutant (base métropolitaine)

environ de 215 000 Cfp (1800 euros) à 298 000 Cfp (2500 euros) brut par mois.

Accès au métier

Pour devenir parfumeur, il est nécessaire d’avoir au moins un bac + 3 scientifique. Les universités proposent des licences de chimie ou biochimie avec un parcours parfums, arômes et cosmétiques (Montpellier 2), ou des licences professionnelles du secteur des industries chimiques et pharmaceutiques. L’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines propose, avec l’Isipca (Institut supérieur international du parfum, de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire), un master de chimie spécialité formulation et évaluation sensorielle des industries des parfums, cosmétique et aromatique alimentaire en apprentissage.

  • Niveau bac + 3

  • Licence chimie ; biochimie
  • Licence professionnelle industries chimiques et pharmaceutiques, spécialités analyse et contrôle ; parfums, arômes et cosmétiques
  • Niveau bac + 5

  • Master sciences, technologies, santé mention chimie, spécialité formulation et évaluation sensorielle des industries des parfums, cosmétique et aromatique alimentaire

En savoir plus

Témoignage

Francis, créateur de parfums
Pas d'odorat surdimensionné

"Selon les commandes, on peut avoir une simple description par téléphone des attentes du client, avec juste quelques mots. Ce peut être une senteur fraîche pour un désodorisant destiné à la Thaïlande. Le marché final est toujours indiqué. On n'a pas les mêmes goûts olfactifs. Mais, le nez du créateur n'a pas d'odorat surdimensionné. Sourd, Beethoven savait bien ce qu'il composait. Pour la création de parfums, c'est pareil ! Inutile d'avoir toujours le nez au-dessus des diverses effluves."