Chargé / chargée de pharmacovigilance

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salarié
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Le chargé de pharmacovigilance contrôle la tolérance des médicaments fabriqués et commercialisés par son laboratoire pharmaceutique. Il analyse le moindre effet indésirable.

Le chargé de pharmacovigilance évalue et surveille les risques liés à l’utilisation du médicament avant et après sa commercialisation. Il propose des mesures permettant de diminuer ces risques, de promouvoir le bon usage du médicament et de garantir la sécurité du patient dans le respect de la réglementation.

Le métier

Nature du travail

Suivre le développement

Le chargé de pharmacovigilance veille à ce que les médicaments soient fabriqués dans des conditions de sécurité optimales, selon des procédures établies et contrôlées par l’assureur qualité. Il suit aussi les essais cliniques organisé par l’ARC (attaché de recherche clinique) : sélection des participants, mise en place du protocole, recueil et validation des données…

Surveiller la tolérance

C’est pendant la commercialisation du médicament que l’activité du chargé de pharmacovigilance est la plus importante : contacts réguliers avec des médecins, voire des pharmaciens, des infirmiers ou même des patients. Ces derniers lui font remonter d’éventuels problèmes liés à la prise du produit : allergies, difficultés d’utilisation, interactions médicamenteuses… Des informations qu’il répertorie dans une base de données.

Effectuer des rapports périodiques

Chaque produit commercialisé fait l’objet d’un rapport envoyé à l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) : d’abord tous les 6 mois, puis tous les ans, enfin tous les 5 ans quand il est sur le marché depuis longtemps. Prévenir les incidents d’usage du médicament fait partie de la mission du chargé de pharmacovigilance. Ainsi, lorsqu’un cas de surdosage ou de mauvaise utilisation se produit, il propose des mesures permettant de diminuer ces risques (changement du packaging ou de la notice).

Compétences requises

Esprit d’analyse

Rapports périodiques, plans de gestion, dossiers de transparence : traiter, analyser et synthétiser des informations scientifiques nécessite rigueur et organisation. Une grande autonomie dans l’organisation du travail est demandée. Par la suite, il faut savoir communiquer pour informer et conseiller les professionnels de santé et les autorités sanitaires ainsi que les interlocuteurs internes, notamment les visiteurs médicaux.

Rigueur et réactivité

Il est impossible de tout prévoir… Aussi, s’agit-il d’être réactif si des interactions médicamenteuses ou des effets indésirables sont signalés. Enfin, la réglementation et le cadre législatif évoluant constamment, la vigilance s’impose.

Anglais indispensable

Ces dernières années, le secteur de la pharmacie s’est réorganisé autour de « géants » mondiaux. Les activités se font de plus en plus dans un cadre international. La maîtrise de l’anglais scientifique s’impose désormais. Tout comme la capacité à gérer des projets d’envergure.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Dans l’industrie surtout

Le chargé de pharmacovigilance exerce le plus souvent pour un laboratoire pharmaceutique. Mais aussi dans des centres de pharmacovigilance dépendant des hôpitaux, des sociétés prestataires de services ou encore pour les autorités de santé (Direction de l’évaluation des médicaments et des produits biologiques, Direction générale de la santé).

Sur le qui-vive

Procédures, tests, contrôles, réglementations, autorisations… Il faut sans cesse veiller à ce que le médicament reste conforme. Le chargé doit donc garder un oeil sur les textes qui évoluent au niveau national, européen ou parfois international, et l’autre sur les problèmes ou les effets indésirables signalés dans le monde.

Une intervention au long cours

Collaboration avec les autres départements du laboratoire (médical, affaires réglementaires, assurance qualité, ventes…), contact avec les autorités sanitaires : ce pro travaille en lien avec les différents intervenants de la chaîne du médicament. Le point commun à toutes ces étapes (développement, production, commercialisation) est en effet la vigilance.

Carrière

Une industrie accueillante

La France est le premier producteur européen de médicaments. Malgré de fortes évolutions économiques et des réductions d’effectifs (restructuration, départs à la retraite), cette industrie offre des opportunités aux jeunes diplômés (40 % des recrutements chaque année vont aux moins de 26 ans), en majorité de jeunes pharmaciens.

Un rôle grandissant

Dans un environnement de plus en plus sensible à la sécurité et demandeur de transparence, la diminution des effets secondaires fait partie des priorités des entreprises pharmaceutiques. Elles doivent gérer les risques et donc mieux les identifier, les évaluer, les prévenir. Placés dans un rôle d’expert jusqu’à présent, les chargés de pharmacovigilance sont de plus en plus impliqués dans les choix stratégiques de l’entreprise.

Mobilité possible

Le chargé de pharmacovigilance peut évoluer vers d’autres départements du groupe pharmaceutique (médical, affaires réglementaires), rejoindre l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ou des organismes publics de recherche (universités, CNRS, Inserm…).

Salaire du débutant (base métropolitaine)

Environ environ 368 000 Cfp (3080 euros) brut par mois.

Accès au métier

6 ans (cycle court de pharmacie) sont nécessaires pour former un pharmacien de pharmacovigilance.

La PACES (première année commune aux études de santé) est accessible après le bac (S de préférence). La PACES se termine par un concours très sélectif (20 % d’admis) portant sur la chimie, les maths, la physique, la biologie et la culture générale.

En 2e, 3e et 4e années : tronc commun à la fois théorique et appliqué à la santé (étude des grands systèmes du corps humain, biochimie, biologie humaine et végétale, infectiologie…). Découverte de la pharmacologie, de la galénique, de la chimie thérapeutique… Plusieurs stages obligatoires en officine. En fin de 3e année, obtention du diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques, de niveau licence.

En 5e et 6e années : le choix de l’option industrie s’effectue lors du passage en 5e année. Durant cette année, appelée « hospitalo-universitaire », l’étudiant partage son temps entre l’université et différents services de l’hôpital. La 6e année d’études comporte un stage de 6 mois dans un laboratoire pharmaceutique. Et se conclut par la soutenance d’une thèse, obligatoire pour l’obtention du DE (diplôme d’État) de pharmacie. Il est nécessaire de compléter sa formation à l’université par un master (quelques unités d’enseignement supplémentaires) en pharmacologie, toxicologie ou épidémiologie…

  • Niveau bac + 6

  • DE pharmacie

En savoir plus

Témoignage

Marie-Amélie, chargée de pharmacovigilance et d'information médicaleà Nordic Pharma
Prudence et réactivité

"Le coeur de mon métier, c'est de surveiller la tolérance du médicament, en répertoriant les effets indésirables, en les analysant et en prenant les mesures nécessaires pour les éviter. Je suis en permanence à l'écoute des informations que les patients, médecins, pharmaciens et autres professionnels de santé me font remonter concernant l'usage des médicaments commercialisés par mon laboratoire. Il peut s'agir de cas de surdosage, du mauvaise usage d'un produit. Des erreurs dues bien souvent à une mauvaise compréhension de la notice ou à une erreur de délivrance de la part du médecin. Nous devons alors prendre des mesures rapides pour informer les professionnels de santé, par exemple en rédigeant un communiqué dans la presse médicale, en modifiant la notice... Il faut être vigilant et réagir très vite. C'est un métier très réglementé, mais, avec le temps, ces procédures deviennent de simples formalités."