Conducteur/ conductrice de machines à papier

Niveau d'accès :
Statut(s) :
salarié
Secteur(s) d'activité(s) :
Centre(s) d'intérêt(s) :
/
Vidéo

Le conducteur de machine veille au bon déroulement de la fabrication industrielle du papier, qui servira à fabriquer des mouchoirs, des lingettes, du carton ondulé, du papier essuie-tout, des masques chirurgicaux…

L’informatique n’a pas limité l’emploi du papier, dont les usages sont multiples : graphique, sanitaire, domestique, industriel, emballage, conditionnement… Dans l’usine, c’est au conducteur de machine à papier (ou à carton) qu’il revient de piloter la chaîne de production. Il surveille des machines de plus en plus automatisées, modifie les paramètres de fabrication en fonction de la qualité recherchée, et intervient en cas de problème car la production ne doit surtout pas s’arrêter !

Le métier

Nature du travail

Piloter une unité de production

Au sein de l’industrie papetière, le conducteur de machine est aux commandes d’une ligne de production, au cours de laquelle la pâte de papier est successivement égouttée, pressée, puis séchée, lissée et enroulée sur bobines.

Surveiller les machines

Il conduit et surveille des machines automatisées qui peuvent produire jusqu’à 800 tonnes de papier par jour, à des vitesses dépassant les 100 km/h, sur des largeurs allant jusqu’à plusieurs mètres.

Vérifier la qualité du papier

Depuis la salle de contrôle, le conducteur surveille les données affichées sur écran. De là, il peut, à partir de commandes centralisées, modifier les paramètres de fabrication (degré d’humidité, grammage…), dans le respect des instructions dont il dispose, afin d’obtenir la qualité de papier recherchée. Sur le site, il inspecte le système d’alimentation et les circuits, change les habillages (feutres, toiles, câbles) des machines, et prélève des échantillons de papier pour vérifier leur conformité aux normes de production et de qualité.

Compétences requises

Être résistant physiquement

Une bonne résistance physique est indispensable pour supporter les horaires variables et le travail de nuit, ainsi que l’environnement bruyant de l’usine. D’autant que le rythme de la production en continu requiert une vigilance et une réactivité constantes, une certaine habileté manuelle, le sens des responsabilités et, en cas de problème, de bons réflexes. Les machines, de plus en plus perfectionnées et automatisées, nécessitent aussi de pouvoir appréhender des problèmes techniques et scientifiques. En cas de casse et de  » bourrage papier « , il faut aussi s’approcher des cylindres de séchage, qui fonctionnent à des températures pouvant atteindre les 70 °C ! Pas question de rester près d’eux plus de quelques secondes.

Maîtriser l’anglais : un atout

Par ailleurs, le travail s’effectuant en équipe, le sens du contact et du dialogue se révèle indispensable. Enfin, la maîtrise de l’anglais courant et technique constitue un atout à l’embauche, car nombre d’entreprises françaises sont contrôlées par des groupes scandinaves ou américains.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

Au sein de grands groupes

Près de 75 % des entreprises papetières françaises sont intégrées à de puissants groupes étrangers, principalement scandinaves et nord-américains, ce qui ne les met pas à l’abri d’un marché très concurrentiel et assez imprévisible. Elles sont principalement situées en Rhône-Alpes, en Ile-de-France, dans les Pays de la Loire, en Haute-Normandie, en Picardie, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Lorraine.

Un travail en continu

Comme la production fonctionne en continu, l’industrie papetière impose une présence permanente, au sein de l’usine, d’une partie de son personnel et le travail de nuit pour tous les postes d’opérateur (conducteur ou surveillant de machines). Les équipes se relaient donc en 3 × 8 (3 équipes assurant chacune 8 heures) ou en 5 × 8 (5 équipes assurant chacune 8 heures).

Avec des machines bruyantes

Le conducteur de machine à papier obéit à des règles strictes de sécurité, surtout lorsqu’il se déplace dans des ateliers de grandes dimensions. Le respect des normes européennes, en matière d’environnement, est également crucial. Le principal inconvénient du métier est le bruit des machines tournant à grande vitesse.

Carrière

Des emplois en province

La révolution numérique (messagerie, Web…) est loin d’avoir marginalisé l’emploi du papier. Pourtant, les effectifs de l’industrie papetière baissent régulièrement. Et les perspectives d’emploi sont limitées dans ce secteur de taille restreinte. À noter : les opportunités d’emploi se situent plus en région qu’en Ile-de-France.

Qualification exigée

L’automatisation et le renouvellement permanent des machines ont accru les exigences à l’embauche. Les entreprises demandent aux ouvriers et aux techniciens une grande capacité d’adaptation et une formation aux techniques modernes de contrôle et de conduite.

Devenir chef d’équipe

Un conducteur de machine expérimenté peut devenir chef d’équipe : il aura la responsabilité d’une machine à papier et, à ce titre, supervisera et coordonnera le travail d’une dizaine de personnes. Après 10 ans d’expérience et à condition d’avoir un sens aigu des responsabilités et des aptitudes à l’animation d’une équipe, il pourra accéder à des fonctions de contremaître. Il dirigera et organisera alors le travail des équipes spécialisées sur l’ensemble du processus de fabrication du papier.

Salaire du débutant (base métropolitaine)

À partir du Smic.

Accès au métier

L’industrie papetière dispose de formations allant du CAP au BTS. Il existe également des formations de perfectionnement pour les conducteurs de machine automatisée, organisées par l’Institut pour la recherche et la formation professionnelle des industries papetières (Irfip).

Niveau CAP

  • CAP  conducteur d’installations de production ;

Niveau bac

  • Bacs pro  procédés de la chimie, de l’eau et des papiers cartons ; pilote de ligne de production ;

Niveau bac + 2

  • BTS pilotage des procédés.

Exemples de formations

Formations disponibles en Nouvelle-Calédonie

Jusqu'au BAC

niveau 4 (bac ou équivalent)

Après le BAC

niveau 3 (bac + 2)

Formations dans le reste de la France

Jusqu'au BAC

niveau 5 (niveau CAP)
niveau 4 (bac ou équivalent)

Après le BAC

niveau 1 (bac + 5 et plus)

En savoir plus

Témoignage

Nicolas, conducteur de machine à papier
Intervenir sans prendre de risques

"Quand aucun incident ne se produit, ça se limite à la surveillance du grammage, de la teinte, de l'opacité et de la blancheur du papier avec des scanners de contrôle... Quand ça casse, c'est nettement plus physique. On doit tirer le papier coincé dans les cylindres. Avec des papiers de 6 m de largeur, on se met alors à plusieurs. Et, lors de casse, il faut s'approcher des cylindres de séchage, avec des températures qui peuvent atteindre les 70 °C. On ne peut y rester que quelques secondes."