Linguiste

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Statut(s) :
fonctionnaire, salarié
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Observer, décortiquer, comprendre le fonctionnement du langage et des langues selon une approche scientifique, c’est l’objectif de la linguistique. À la croisée d’une multitude de disciplines, le linguiste intervient partout où se trouve le langage.

Passionné par les langues, le linguiste cherche à comprendre le phénomène du langage. Dans un laboratoire, à l’université ou dans une société d’édition ou d’informatique, le linguiste se consacre à plusieurs domaines de la linguistique (phonétique, phonologie, etc.) et peut être confronté à d’autres disciplines comme la sociologie, la psychologie, les neurosciences, etc. Les technologies ont ouvert un champ important avec le traitement automatique des langues.

Le métier

Nature du travail

Comprendre le langage humain

Le linguiste étudie les mécanismes du langage : il effectue une analyse détaillée des langues, de leurs sons, des mots et des relations qu’ils entretiennent dans la phrase, des modes de signification des mots et des textes. Son objectif : comprendre le phénomène du langage humain, malgré la grande diversité des langues. Il aide ainsi à mieux comprendre les civilisations, une langue étant le mode d’expression d’un peuple.

De la linguistique théorique à la linguistique contextuelle

Essentiellement descriptive, la linguistique est surtout théorique : elle se décompose alors en plusieurs domaines de recherche (phonétique, morphologie, sémantique, stylistique, etc.). L’étude du langage confronte également le linguiste à d’autres disciplines, liées au fonctionnement de l’esprit humain : psychologie, neurosciences, sociologie, philosophie, etc.

Observer, analyser, diffuser et appliquer

Le linguiste observe, étudie et interprète les données issues de ses recherches, et les diffuse auprès de la communauté scientifique en publiant rapports, études et articles dans des revues spécialisées. Mais il peut également aller plus loin et appliquer ses résultats dans des domaines comme la didactique des langues, la dictionnairique, l’ingénierie linguistique…

Compétences requises

Passionné par le langage

Points communs des linguistes : leur goût pour la langue française et les langues étrangères, l’envie de comprendre leur fonctionnement, et la conviction que le langage est au coeur de la société. Le linguiste n’est pas forcément polyglotte, mais la maîtrise d’au moins une langue étrangère est nécessaire.

Patient et curieux

Un travail de recherche peut prendre plusieurs années. Le linguiste doit être patient et persévérant pour mener à bien ses travaux. La curiosité est également l’un de ses points forts : une langue fait partie d’une culture à part entière. Le linguiste doit donc avoir des connaissances en histoire et en art, en plus de ses connaissances de la langue. Il est également organisé, autonome et doté d’une grande capacité d’analyse.

À l’aise à l’écrit comme à l’oral

En fonction de sa spécialité, le linguiste travaille sur des projets très novateurs au sein d’équipes pluridisciplinaires. Créatif et réactif, il sait diriger une équipe, résoudre des problèmes, dialoguer avec des professionnels dans des domaines d’activité différents. Il est également pédagogue et capable de transmettre ses connaissances à ses élèves ou lors de colloques et de conférences scientifiques. Des capacités rédactionnelles lui sont indispensables pour publier ses résultats.

Où l'exercer?

Lieux d’exercice et statuts

D’abord un chercheur…

Le linguiste est un chercheur qui travaille dans un organisme de recherche ou à l’université, où il enseigne en tant qu’enseignant-chercheur. Il peut également être salarié d’une société d’édition ou d’informatique (spécialisée dans les logiciels de recherche d’informations, de traduction, de dictionnaire, d’apprentissage, etc.).

… qui peut se spécialiser

Ethnolinguiste, il part recueillir des données dans des pays lointains. Lexicographe ou terminologue, il collabore à la création de dictionnaires. Linguiste informaticien, il est chef de projet pour des éditeurs de logiciels. Il peut aussi être psycholinguiste, sociolinguiste ou se consacrer à l’un des aspects de la linguistique théorique : il est alors phonologue, sémanticien, syntacticien. L’acquisition de compétences complémentaires lui ouvre des débouchés parfois insolites : l’analyse de textes, de voix, la recherche de criminels ou la détection des mensonges.

Une discipline aux multiples ressources

Pour améliorer leur pratique, orthophonistes, professeurs de français langue étrangère, concepteurs de manuels de langues, traducteurs-interprètes… se forment à la linguistique. Le linguiste entretient donc de nombreuses relations avec ces professionnels.

Carrière

Des professionnels qualifiés

En linguistique, les places à l’université et dans les centres de recherche sont rares et ne s’obtiennent qu’après de longues études et la rédaction obligatoire d’une thèse (bac + 8). Les titulaires d’un bac + 5 postuleront, quant à eux, dans les sociétés d’édition et d’informatique.

Le boom des technologies

Associée aux technologies, la linguistique ouvre des perspectives vers les différents métiers des industries de la langue et de l’ingénierie linguistique. Avec le développement d’Internet, du multimédia et de la bureautique, le traitement automatique du langage (TAL) devient de plus en plus important : il s’agit de l’alliance de l’informatique et de la linguistique pour créer des outils qui reconnaissent la voix, nous parlent, traduisent en plusieurs langues, facilitent l’apprentissage des langues étrangères, nous aident à naviguer sur Internet, etc.

Au rythme des évolutions

À ces évolutions technologiques s’ajoutent des évolutions sociales. On observe ainsi l’émergence de nouveaux langages, ou  » paralangages « , comme le slam ou le langage SMS. De même, certains mots oubliés refont surface et d’autres apparaissent tous les jours. Le linguiste doit s’adapter à ces changements, voire les anticiper et les expliquer pour éviter un déracinement du langage.

Salaire du débutant (base métropolitaine)

À partir de environ 251 000 Cfp (2102 euros) brut par mois.

Accès au métier

S’intéresser aux sciences du langage suppose de s’engager dans des études longues (5 ans au minimum). Pour faire de la recherche en linguistique, un doctorat est indispensable.

  • Niveau bac + 5

  • Master : linguistique et didactique ; traduction, interprétation et médiation linguistique ; français langue étrangère/seconde : pluralités, interculturel, politiques linguistiques ; ergonomie cognitive et ingénierie linguistique ; linguistique, cognition, communication, etc.
  • Niveau bac + 8

  • Doctorat en linguistique

En savoir plus

Témoignage

Geoffroy, enseignant-chercheur
La langue dans tous ses états

"En ce moment, je travaille sur 3 projets. Pour les institutions européennes, j'analyse le langage utilisé dans des textes pour parler de l'Europe, car pour construire une politique, il faut savoir comment les gens la voient."

"Je crée aussi des outils d'aide à la rédaction de textes scientifiques."

"Enfin, je participe à un projet de robot qui comprendrait les mots et les émotions des enfants handicapés."